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Journal de bord |
Difficile pour un mensuel de se plier à l’actualité dans les moments de fièvre. Difficile aussi de commenter en quelques lignes des événements qui se bousculent. Essayons tout de même, en style télégraphique, point par point.
L’Amérique.
Ayant à sa tête le plus abruti des réactionnaires qui aient occupé le Bureau Ovale depuis longtemps, elle mène sa stratégie impériale de domination du monde derrière une façade moralisante qui ne trompe plus personne. La question est de savoir si l’inquiétude, la désapprobation ou la haine que suscite de plus en plus son arrogante politique étrangère l’emporteront sur l’admiration que méritent ses immenses apports aux progrès de l’humanité. Le risque est réel, le gang de Bush ayant remplacé par une matraque le flambeau de la liberté, et revêtu de la défroque du conquérant barbare le corps du pionnier civilisé.
L’Irak
Le monde s’est prononcé. Des foules énormes ont manifesté contre la guerre. Leurs motivations sont mêlées, parfois contestables. Mais deux constats débouchent de ce refus massif : 1) il sonne le glas d’une des inventions les plus dangereuses de notre époque : le droit d’ingérence qui conduit à la guerre humanitaire (et prouve par là-même, a posteriori, à quel point nous avions raison de nous élever contre l’agression criminelle de la Yougoslavie ; 2) il souligne le décalage croissant entre les peuples et leurs gouvernements abusivement «atlantistes», comme en Grande-Bretagne, Italie et Espagne, où les désaveux cinglants infligés à Blair, Berlusconi et Aznar nous ont mis du baume au cœur.
L’OTAN
Le désaccord au sujet de la défense de la Turquie a ébranlé le bras armé de Washington et provoqué quelques fuites de confiance que les larbins habituels ont pris soin d’éponger. Mais le ver est dans le fruit. La tutelle américaine est trop pesante pour ne pas provoquer de nouveaux conflits dans cet anachronisme qui ne sert qu’au Pentagone.
L’Europe
L’opposition à la politique américaine est la pierre de touche de l’indépendance du continent. Et qui peut assurer cette indépendance ? Les Etats de l’Est dépendant du FMI, les gouvernements qui ne vivent que par l’aide de la Banque mondiale, la poussière d’autonomies régionales qu’on nous prépare? Non. Seuls les grandes nations, associant leurs souverainetés, peuvent faire contre-poids à l’hégémonie d’outre-Atlantique. La force de l’Europe sera dans la plénitude de ses Etats, pas dans leur érosion. Le défi germano-français l’a amplement prouvé.
Chirac
Ne lui marchandons pas nos compliments. Peu importent les raisons de son attitude – électorales (il surveille de près les sondages), pétrolières (les compagnies françaises sont bien placées en Irak), tactiques (le coup de l’union sacrée contre un bouc émissaire lui a bien réussi avec Le Pen) ou stratégiques (faire la cour aux musulmans) – il tient encore le coup au moment où ces lignes sont écrites. Cela durera-t-il ? Il s’est aplati à propos de la Yougoslavie, et nous savons que ses convictions ont la consistence du savon dans de l’eau chaude. Mais il est capable de flairer la bonne opération en tenant compte de l’opinion publique. C’est à nous, citoyens de plus en plus nombreux, de lui prouver, par notre opposition sans cesse renouvelée aux délires américains, que l’opération reste toujours bonne. |
| Louis Dalmas |
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Le pouvoir mondial du “nouveau messie”, le révérend Moon. |
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Un témoin visite l’Irak et dément les affirmations de Bush et Blair. |
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Le plus petit des
grands journaux
et le plus grand
des petits journaux
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