n°  134   ( Juillet 2008 )  
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  QUELLE EUROPE ?
Le “non” irlandais au traité de Lisbonne a fait éclater en sanglots les européistes qui, une fois de plus, ont surenchéri dans l’embrouillamini médiatique. Le problème de l’Europe est pourtant simple à comprendre, si l’on veut bien préférer un bon sens de base aux envolées politicardes.
Quel est le donné ? Une mosaïque de pays différents. On ne peut que constater la réalité. Quel est le but professé ? L’unification de ces pays en une force continentale. Le projet est valable en soi et on aurait tendance à y souscrire. Mais comment y arriver ? C’est là que le bât blesse…
Deux ressorts d’unification ont été choisis par les dirigeants de notre Occident : l’argent et le sang. Aussi contestables l’un que l’autre.
Il est vrai que l’argent est un grand commun dénominateur. L’avidité, la cupidité, l’appât du gain – ou tout simplement le désir de mieux vivre – sont les fondements de l’individualisme moderne, que le système capitaliste développe dans sa version mercantile. Ce sont des sentiments généralement partagés. Mais qui détient l’argent ? La superpuissance mondiale, la haute finance, les banques, les multinationales, les grandes industries, cette couche dorée qui coiffe la société en la voulant aussi “globalisée” que possible, pour que ses intérêts soient bien défendus partout. Ce sont les membres de cette caste – avec leur entourage politique et économique – qui ont conçu, réalisé et imposé cette Europe du sommet. Ce sont eux qui cherchent à l’unifier en jouant sur l’argent, en faisant miroiter ce qui est commun à tous les pauvres, ce qui gomme les différences entre les peuples : le mirage de l’enrichissement.
L’autre ressort d’unification est le sang. Cette fois-ci, ce n’est plus au sommet, c’est à la base qu’on travaille. Au niveau de l’origine, de l’appartenance. Le plus grand obstacle à l’unification étant la diversité des langues, on peut le contourner en rassemblant d’abord tous ceux qui parlent de la même façon. On n’aura peut-être pas un continent homogène – du moins pas tout de suite – mais on en aura un suffisamment fragmenté en nationalités peu viables pour être facile à diriger, et on se débrouillera pour que la dynamique de l’unité s’étende peu à peu à toutes en accentuant la dépendance de chacune.
Voilà les deux stratégies. La mondialisation par en haut, le régionalisme par en bas. Malheureusement pour les stratèges, les peuples n’en veulent pas, de cette Europe. Pourquoi ? Parce que l’internationalisme impérial du sommet ne leur plaît pas : il est d’un autre monde, loin, hors d’atteinte. De plus, il veut libéraliser leurs économies, niveler leurs cultures, remplacer leurs langues par le jargon d’une bureaucratie anonyme et apatride. De son côté, le régionalisme ethnique de la base ne les satisfait pas non plus, parce qu’on ne remplace pas les patries par des associations locales ou des communautés, et des passés longuement vécus par des improvisations de circonstance trop visiblement intéressées. Une même langue n’enjambe pas les frontières de l’histoire et ne suffit pas à créer une légende. Devant cette double réticence, nos gouvernants, paniqués à l’idée de risquer un référendum qui les désavoue, ont (à l’exception des Irlandais) fait ratifier le traité de Lisbonne par leurs parlements, donnant ainsi un bel exemple de leur mépris total de la démocratie.
On en vient à l’essentiel. Quelle est la cible de cette double attaque de l’impérialisme et de l’ethnicité ? La nation. La nation républicaine, citoyenne, égalitaire et pluraliste. Ce qu’est la France. Ce qu’était la Yougoslavie. Ce qu’est la Serbie. Ce que sont encore la plupart des grands Etats européens. C’est cette entité qu’on veut détruire, en la diluant dans le globalisme ou en la morcelant en sécessions régionales. C’est elle qu’il faut défendre.
La véritable Europe ne se fera pas en piétinant les souverainetés.
Louis DALMAS

 LES EXTRAITS DU LIVRE DE CARLA DEL PONTE
Le texte exact de ce qu’a écrit, dans ses mémoires, l’ex-procureure générale du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie de La Haye, non seulement sur le trafic d’organes prélevés sur des êtres vivants organisé par l’UCK au Kosovo, mais sur les faiblesses et les complicités des forces internationales d’occupation.
 LES JUIFS EN SERBIE
En réponse à une honteuse campagne Comité d’Helsinki qui accuse les Serbes d’avoir participé à l’Holocauste durant la Seconde guerre mondiale, Radivoj Krstic, fort de son expérience vécue, rétablit la vérité sur l’absence d’antisémitisme en Serbie.
 LES MOTS POUR NE RIEN DIRE
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Un groupe de personnalités belges signe une pétition qui dénonce l’inspiration américaine des critères invoqués par la justice belge pour se prononcer sur des cas de présumés terroristes.
 UN SAISISSANT RAPPEL HISTORIQUE
Un document abondamment illustré raconte une étape importante de l’amitiés serbo-grecque : l’exil du gouvernement de Belgrade dans l’île de Corfou, durant la Première guerre mondiale.
 Et bien sûr, comme d’habitude, les critiques de livres, la revue de presse, la correspondance de nos lecteurs et les bouffonneries de l’actualité dans le Coin des clowns.
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