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DEUX CIBLES |
Deux personnages importants de la scène internationale sont devenus les cibles de nos inénarrables médias, toujours à la botte de Washington : Poutine et Chavez.
Le premier a brillamment remporté la consultation électorale en Russie. Résultat, comme il fallait pouvoir l’accuser de quelque chose (car l’offensive anti-Poutine a pris de l’ampleur, ces derniers temps), on a ressorti les vieux clichés des fraudes dans les isoloirs pour ne pas avoir à reconnaître qu’il avait gagné démocratiquement la confiance de son peuple. Sans doute y a-t-il eu des irrégularités, comme dans beaucoup de ce genre de consultations (même aux USA : faut-il rappeler l’élection frauduleuse de George W. Bush ?), mais il est intéressant de citer – ce que n’a évidemment pas fait la presse française – la mission d'observation qui a réuni plus de 70 parlementaires de 28 pays, et qui était une initiative conjointe des délégations de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), conduite par Luc van den Brande, et de l'Assemblée parlementaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (AP OSCE), conduite par Göran Lennmarker.
La mission a relevé dans ses conclusions de nombreux éléments critiquables, mais a tout de même constaté que : “En général, les élections ont été bien organisées et les observateurs ont relevé des améliorations techniques notables. (…) Le jour des élections, les bureaux de vote ont été, apparemment, bien gérés, bien qu'ils aient été, parfois, bondés. Le scrutin a eu lieu, pour l'essentiel, dans un climat calme et cordial. Les agents électoraux se sont montrés, dans l'ensemble, accueillants, bien que les observateurs aient eu affaire à certains policiers qui faisaient des excès de zèle. Des observateurs nationaux représentant divers partis politiques étaient présents dans un grand nombre de bureaux de vote.”
Est-ce à dire que tout a été parfait ? Non, bien sûr. Mais on est tout de même loin de l’image du tsar régnant par la terreur sur une population asphyxiée. Poutine a mené une campagne envahissante, mais quel pouvoir n’en fait autant quand il veut influer sur l’opinion publique ? Qu’on se souvienne du féroce battage médiatique qui a cherché à imposer en France le “oui” au référendum sur la constitution européenne ! Il y a une sinistre mauvaise foi à passer sous silence ce que Poutine a fait pour la Russie en se focalisant sur le fait qu’il a utilisé tous les moyens à sa disposition pour défendre ses réformes ! Il a relevé pratiquement un continent de ses cendres, et on lui reproche de s’être battu avec énergie pour en être publiquement remercié ! Et lorsqu’il est plébiscité par son peuple, notre seule réaction, à la remorque des “spin doctors” US, consiste à gémir sur quelques trous dans la baudruche démocratique pour détourner l’attention de sa spectaculaire réussite !
Quant à Chavez, les positions prises par les grands médias sont aussi écœurantes. Voilà un homme qui, pour la première fois depuis longtemps en Amérique latine, s’attaque aux privilèges des puissants pour améliorer les conditions de vie de son peuple, utilise les richesses de son pays pour combattre les injustices et les inégalités sociales, et résiste aux ingérences de l’impérialisme américain (qui va jusqu’à fomenter des coups d’Etat contre lui). Il devrait être un modèle pour la gauche mondiale. Non seulement il consulte démocratiquement ses électeurs, mais il reconnaît avec honnêteté une étroite défaite. Et qu’est-ce qu’on dit de lui ? Qu’il est un dangereux dictateur, et qu’il faut triomphalement se réjouir de sa défaite !
A ce qui devrait être notre honte, c’est de la presse américaine que vient le coup de chapeau. Voici ce qu’a été forcé d’écrire un des éditorialistes de l’International Herald Tribune, Roger Cohen, peu suspect d’indulgence pour Chavez, dans le numéro du 6 décembre dernier : “Je vous salue, Hugo Chavez. Ce sont des mots que je n’aurais jamais pensé écrire. Comme je n’aurais jamais cru possible qu’un dictateur latino-américain, issu des casernes, ayant bâti son pouvoir sur la menace et la dénonciation comme “traîtres” des opposants, achetant ses soutiens avec 150 millions de $ par jour d’argent du pétrole et déterminé à faire une révolution socialiste, accepterait la défaite dans une élection marginale. (…). Son respect de la démocratie mérite d’être salué.”
Au lieu de cela, Libération, désormais encore plus à droite que le Figaro dans sa transe néolibérale, n’a rien trouvé de mieux que de consacrer toute sa “une” du même jour aux “mauvaises fréquentations de Sarkozy” mises dans le même sac : Chavez, Poutine, Kadhafi, Deby, Al-Assad et Hu Jintao. La même bouillie mentale que celle qui amalgamait jadis Milosevic et Hitler.
La vérité est que nos médias serviles emboîtent le pas à un déchaînement de propagande au Vénézuela, financé par les Etats-Unis, qui a eu recours à tous les moyens d’expression et de pression pour salir le président gênant.
Une preuve de plus que Chavez n’est pas un despote, est que l’ensemble de la télévision, de la radio et de la presse aux mains des grands propriétaires, comme les innombrables organismes d’infiltration, de conseil ou de charité aux mains des Américains, ont eu tout le loisir de mener la formidable campagne anti-Chavez qui leur a donné leur faible marge de succès. Personne n’a été muselé, personne n’a été persécuté, personne n’a été éliminé. Personne n’a été emprisonné pour avoir répandu le mensonge que Chavez voulait être “président à vie” alors qu’il ne demandait à faire figurer dans la nouvelle constitution que ce qui existe déjà dans celles de 17 des 27 pays européens, c’est-à-dire la possibilité pour le président sortant de se représenter autant de fois qu’il le veut. Un désir naturel de vouloir continuer son travail authentiquement socialiste qui a déjà donné d’heureux résultats. Et c’est cette liberté qu’on transforme en oppression d’un régime totalitaire, en jubilant de voir la tyrannie ébranlée !
Décidément nos médias, comme le montrent les sondages, méritent le jugement du public qui leur fait de moins en moins confiance. Leur information n’est que le tendancieux reflet de la propagande américaine. Poutine se renforce, ça inquiète Bush : il faut l’avilir. Chavez résiste, ça irrite la Maison Blanche : il faut le discréditer (et si possible, l’éliminer). Moyen recommandé : appuyer sur la bonne vieille pédale “démocratique”. Avec Poutine, ça marche plus ou moins, dans le prolongement de l’ancienne hantise anti-stalinienne (ou anticommuniste, ou antislave). Avec Chavez, c’est raté. Il faut trouver autre chose.
Mais rassurez-vous. Nos médias trouveront bien sûr. Toujours dans la même tonalité, englués dans leur fétichisme atlantique, ils continueront à être les relais fidèles du bourrage de crâne de Washington. |
| Louis DALMAS |
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LA VÉRITÉ SUR LA TRAGÉDIE DE BESLAN |
| Prenant toujours le vent à Washington, nos grands médias sont en pleine campagne anti-Poutine. Nous publions un article du Pr Jacques Sapir, censuré par le Figaro, qui rétablit la vérité des faits en ce qui concerne un des drames les plus souvent évoqués pour noircir le président russe : la prise en otage des enfants de l’école de Beslan en 2004 par les terroristes tchétchènes. |
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L’INDÉPENDANCE DE LA FLANDRE |
| Une conférence du grand journaliste anglais John Laughland, directeur pour l’Europe de l’European Foundation, qui traite du problème de la Belgique. |
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LE LIVRE QUI CHOQUE LES ETATS-UNIS |
| Le mari de Penny Coleman s’est suicidé en revenant de la guerre du Vietnam. En essayant de comprendre pourquoi, la jeune femme s’est lancée dans une enquête dont elle a tiré un livre qui révèle des chiffres saisissants : la quantité de cas de PTSD (désordres de stress post-traumatique) et le nombre de soldats américains qui mettent fin à leur vie en revenant des guerres menées par Washington. |
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L’EFFRAYANTE PRÉPARATION DE LA GUERRE À L’IRAN |
| L’étude de deux analystes britanniques, Dan Plesch et Martin Butcher, trace un terrible tableau des préparatifs militaires pour une nouvelle guerre de l’empire. |
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LA SITUATION AU KOSOVO INQUIÈTE L’ALLEMAGNE |
| Un rapport commandé par la Bundeswehr à l’Institut pour la politique européenne décrit l’état catastrophique dans lequel se trouve le Kosovo : un mélange de délabrement économique, de corruption et de direction criminelle qui en font un véritable foyer d’infection européen. |
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L’OPÉRATION “TENAILLE” A PLANIFIÉ LE REVERS DE CHAVEZ |
| Un mémorandum interne de la CIA décrit comment Washington a financé, infiltré et mobilisé l’opposition au président du Vénézuela, énumérant dans leurs moindres détails les mesures prises dans le cadre d’une formidable campagne de déstabilisation. |
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LE SYMBOLISME “MORAL” DE SREBRENICA |
| Tara McCormack, une chercheuse en relations internationales de l’université de Westminster, à Londres, explique comment les guerres modernes sont devenues des croisades contre le “mal”, et comment le soi-disant massacre de Srebrenica est devenu un article de foi. |
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LES INCANTATIONS DE BHL |
| Diana Johnstone analyse le dernier livre de Bernard-Henri Lévy et montre comment l’auteur préfère la déclamation de prophéties à l’observation des faits. |
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Et, bien sûr, comme d’habitude, les “Nouvelles de l’empire”, la correspondance des lecteurs, les recensements de livres et la revue de presse. |
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Le plus petit des
grands journaux
et le plus grand
des petits journaux
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