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Sinistre duel |
Notre monde est secoué par deux fléaux : l’impérialisme américain et le fanatisme islamique. Et comme toujours lorsque deux grands s’affrontent, ils entraînent les petits qui les entourent dans leur manichéisme, et les obligent à choisir leur camp.
Choix bien difficile, pour deux raisons.
La première est que chaque antagoniste défend des notions valables qu’il pervertit. Par calcul ou par aveuglement.
L’empire américain représente notre civilisation occidentale. Riche, pétrie par les Lumières, éprise de libertés individuelles et collectives. L’envers de la médaille est que, mené par son maître Bush, il est moralement corrompu, socialement injuste, économiquement rapace et politiquement corseté.
L’intégrisme musulman invoque la pureté, la morale, la solidarité et la justice. L’envers de la médaille est que, mené par des extrémistes qui font peur aux modérés, son dogme s’articule autour d’un Dieu absolu, d’une foi conquérante, d’un culte contraignant, d’une conception machiste de la femme, de la sainteté du djihad et de moyens fanatisés.
La seconde raison est que, de chaque côté, on accumule des fautes, lourdes de néfastes engrenages.
En Occident, on a pulvérisé la Yougoslavie, bastion du pluralisme laïque ; on a fait d’Israël le poste avancé de la protection impériale ; on a déclenché des guerres pétrolières et des révolutions colorées qui font détester les Etats-Unis dans le monde entier.
En islam, on veut convertir la planète, on ne rêve que de nouveaux Etats “chariatisés”, on ne voit en Israël qu’un ennemi américain, on a recours à l’horreur du terrorisme pour se faire entendre.
Pire encore. En vertu de l’adage “l’ennemi de mon ennemi est mon ami”, les uns et les autres s’associent avec le diable pour combattre l’adversaire.
A l’ouest, le socialiste Chavez cherche des alliés chez les théocrates d’Iran et des pays arabes ; la gauche social-démocrate se persuade que l’Amérique réactionnaire est la gardienne de ses valeurs.
A l’est, les fous de Dieu, après avoir courtisé les nazis durant la Seconde guerre mondiale, s’accommodent de l’aide du communisme chinois, de l’ex-soviétisme russe ou du progressisme latino-américain pour renforcer leur fondamentalisme religieux.
La confusion est totale sur un champ de bataille où les idéaux sont sacrifiés au réalisme des avancées à court terme. Ici, la menace suprême est l’islam : tout est bon, y compris les “néocons” de Washnington, pour l’abattre. Là, le danger majeur est l’Occident : tout est bon, y compris la gauche rouge ou rose, pour en venir à bout. Et dans ce foutoir de passions, les civils, les innocents, ceux qui voudraient vivre dans des sociétés plus équitables et pacifiées – les chrétiens calmes, les musulmans paisibles, les Américains tranquilles, les Serbes, les Croates, les Afghans, les Irakiens, les Palestiniens, les Israëliens, les Libanais, les victimes d’attentats, votre voisin de palier, votre parent, votre enfant, demain peut-être les Iraniens, les Syriens, les Nord-Coeéens – sont morts, meurent et mourront par centaines de milliers.
Retrouvera-t-on un jour la raison dans ce sinistre duel de cynisme, de stupidité et de haine ? |
| Louis DALMAS |
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Et, bien sûr, comme d’habitude, les “Nouvelles de l’empire”, la correspondance des lecteurs, les critiques de livres et la revue de presse. |
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Le plus petit des
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